Lonicera fragantissima m’amène tout naturellement à parler du parfum des fleurs…

Lonicera fragantissima m’amène tout naturellement à parler du parfum des fleurs…

Le mot parfum vient du latin « purfum » que l’on peut traduire par « à travers la fumée »

Pour assurer à tout prix leur pollinisation, les fleurs zoophiles doivent exercer un attrait sur le pollinisateur dont elles dépendent. Plusieurs types d’attrait sont alors utilisés. L’attrait visuel avec des pièces florales spécifiquement colorées en fonction du type de vecteur, l’offre de refuge ou d’alimentation, mais aussi l’attrait olfactif qui nous intéresse ici.

Dans certain cas une interdépendance entre la fleur et son pollinisateur s’établit pouvant aller jusqu’à la co-évolution entre les deux.

Le parfum des fleurs a un rôle d’attraction pour le pollinisateur, voire même quelquefois un rôle de guide vers le cœur de la fleur, siège de la reproduction. Bonnes ou mauvaises, voire même fétides dans certain cas, chaque type d’odeur correspond à un pollinisateur précis.

Les plantes cheiroptérophiles, qui produisent beaucoup de nectar, s’ouvrent à la nuit tombante (la chauve-souris est nocturne), possèdent souvent des fleurs solides (pour supporter le poids des chauve-souris), pendantes à étamines dégagées, blanches et une odeur forte proche de celle des chauve-souris (baobab). Une odeur forte, ainsi que des parties  » blindées  » sont aussi utiles aux fleurs qui attirent les Coléoptères (sureau, sorbier), qui aiment les odeurs de décomposition mais qui font des dégâts avec leurs grosses mandibules. Les fleurs souvent fragiles, aux corolles étroites et longues, quelquefois nauséabondes, sont adaptées aux Diptères (mouches), comme les arums. Les lépidoptères (papillons) se tournent souvent vers les fleurs aux corolles les plus profondes (25-30 cm pour les orchidées), qui conviennent à la puissance d’aspiration de leurs trompes. Les papillons de jour sont accueillis par des fleurs parfumées à odeur fraîche et agréable émise en pleine journée et colorées (lilas, jacinthe, œillet, chèvrefeuille) et les papillons de nuit par des fleurs pâles, au parfum lourd.

Les fleurs entomophiles, pollinisées par les hyménoptères, et surtout les abeilles, offrent des pièces florales colorées et parfumées à odeur fraîche et sucrée, avec de marques invisibles pour d’autres (apparaissant à la lumière ultraviolette), et des étamines judicieusement disposées pour déposer le pollen sur la tête ou le corps des abeilles. A l’extrême on trouve les ophrys qui exploitent les comportements sexuels des insectes pour les attirer. Dans ce cas, la fleur tire parti de l’avidité des mâles à la recherche de femelles (la floraison a lieu à une période où, après l’envol des mâles, les femelles sont encore absentes). L’orchidée peut alors mimer la femelle elle même de l’insecte, ce qui constitue une incroyable performance. Dans ce cas, son odeur, son apparence et sa pilosité sont reproduits jusque dans leur composition chimique pour induire la mâle a tenter de s’accoupler avec elle.
Ces odeurs sont émises par la plante grâce à la production de molécules complexes que l’industrie chimique peine à reproduire.

Ces molécules odorantes sont caractérisées par le fait d’être volatiles, souvent très peu solubles dans l’eau mais beaucoup plus solubles dans les graisses. Elles sont essentiellement constituées de carbone, hydrogène, oxygène, azote et soufre.

En parallèle les mécanismes de perception de l’odeur sont très complexes. Les recherches montrent qu’il est difficile de trouver une relation entre l’odeur et la constitution chimique, d’autant que des facteurs « géométriques » (forme et volume des molécules) semblent intervenir également.

Les parfums floraux ne sont pas libérés de façon diffuse, mais émis par des organes précis, les osmophores. à différentes heures de la journée selon les espèces ( A partir de cette observation, certains ont établit une horloge florale qui fonctionnerait à l’odeur…) Les osmophores sont généralement constitués par un épiderme pluricellulaire, à caractère glandulaire. L’observation attentive d’une fleur de lavande et surtout de son calice, révèle qu’il est couvert de minuscules points d’une transparence ambrée ; chacun d’eux est un trichome glandulaire gorgé d’essence.

Les fleurs perdent elles leur parfum ?

Une étude de 2008 suggère que la pollution atténue le parfum des fleurs et empêche certains des processus les plus fondamentaux de la nature, perturbe la vie des insectes et met en danger l’approvisionnement alimentaire.

À l’Université de Virginie, les chercheurs disent que la pollution réduit de façon spectaculaire la distance parcourue par le parfum des fleurs. Le professeur José Fuentes, qui a dirigé l’étude, a déclaré : « Les molécules de parfum produites par les fleurs dans un environnement moins pollué peuvent se répandre sur à peu près 1.000 à 1.200 mètres. Mais aujourd’hui, elles peuvent circuler seulement sur 200 à 300 mètres. Cela rend la localisation des fleurs de plus en plus difficile pour les abeilles et les autres insectes. »

 ​​​​Les chercheurs, qui ont travaillé sur l’odeur dégagée par les gueules-de-loup, ont constaté que les molécules sont instables et se lient rapidement à des polluants comme l’ozone et les radicaux nitrate, formés surtout dans les émissions des véhicules. Cela modifie chimiquement les molécules, faisant qu’elles n’ont plus l’odeur des fleurs. Un cercle vicieux s’installe donc, les insectes ayant du mal à obtenir assez de nourriture et les plantes n’étant pas assez pollinisées pour proliférer.

Espérons qu’ils existent encore suffisamment d’espaces non pollués sur cette planète pour profiter du parfum des fleurs

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