Du côté des jardins solidaires

Du côté des jardins solidaires

 

Route d’Arles, à Nîmes

Dès l’entrée du chemin, une pancarte annonce qu’il faut aller tout au bout, au fond.

Après avoir traverser des dizaines de jardins familiaux, avec leurs rangées d’oignons, leur figuier, leur rosier, leur cabanon fait de bric et de broc… trois cent soixante mètres plus loin, c’est là.

C’est ici que l’association « Côté jardins solidaires » a posé ses outils et ses serres.

Une parcelle bien enclose dans des haies de cannes de Provence un peu sévèrement taillées. Un petit portail rouillé. Une profusion de seringats.

En ce début mai, l’odeur puissante de leurs fleurs embaume l’air. L’accueil est parfumé… Pour que l’on s’en souvienne ? Dans le langage des fleurs, le seringat est le symbole de la mémoire, sans doute en raison de son parfum très persistant.

Dans le jardin, toute l’équipe de l’association s’active déjà. Les jardiniers sont matinaux au printemps. C’est le moment de préparer la terre pour repiquer les semis des légumes d’été, tomates, poivrons et aubergines, de mettre en place les systèmes d’irrigation et les tuteurs, de soutenir les rosiers qui commencent à ployer sous les fleurs…

Tout en me présentant le jardin, Muriel veille avec bienveillance sur tout son petit monde. Elle vérifie d’un oeil la profondeur de plantation des aubergines, redresse un pied de pomme-de-terre mis en terre il y a quelques jours par des enfants, élimine quelques escargots trop gourmands, retire une herbe indésirable. Les pluies des semaines passées ont profité aux graminées autant qu’aux gastéropodes.

Tous les matins, du lundi au vendredi, le jardin est ouvert à tous ceux qui souhaitent acheter des légumes, des fleurs, des plants pour un usage familial. Claude passe par là pour récupérer quelques pieds de tomates, une dame et sa fille ne résiste pas à un pied de géranium odorant…

Le mardi midi c’est repas sous la tonnelle, en direct du potager à l’assiette, une table d’hôte bio et végétarienne, où l’on vient sur réservation.

C’est dans ce paradis que le 26 mai nous parlerons ensemble de solidarité dans le règne végétal, de l’entraide, volontaire ou de fait, entre les plantes potagères et toutes celles qui poussent entre les rangées de légumes ou autour, ou cachées dans les recoins de cette parcelle de 2000m2. Nous parlerons de tomates, poireaux, choux, salades mais aussi de l’Euphorbe épurge ou chasse-taupe, de la chélidoine, du fenouil, de la fumeterre, du cabaret des oiseaux, des soucis, de l’ortie, de la bourrache, du sureau et du figuier aussi…

Toutes les découvertes récentes sur les moyens de communication entre les plantes confirment que l’on ne peut plus considérer les plantes des jardins, qu’ils soient d’ornement ou maraichers, comme des additions d’individus mais qu’il faut les voir comme  des écosystèmes complexes dans lesquels les plantes interagissent entre elles et avec l’ensemble du vivant.

De fait, de nombreuses plantes sont complémentaires. Les Fabacées (Haricots ou fèves) enrichissent les sols en azote, nourrissant ainsi les tomates ou les cucurbitacées.Les arbustes mellifères des haies, favorisent la faune auxiliaire des cultures, notamment les insectes qui assurent la pollinisation. Les plantes nématicides (œillets d’Inde ou tagètes) éloignent les vers nématodes des racines de tomates. Les Alliacées (ail, oignons) sont répulsives, l’euphorbe épurge (Euphorbia lathyrus) chasse les taupes…

Des trésors de stratégies, déployés par les plantes pour accomplir leur cycle de vie, s’alimenter, se reproduire, se protéger d’un environnement pas toujours bienveillant, lutter contre les prédateurs… Fixes, elles manipulent les insectes et autres animaux pour leur reproduction et la dissémination de leurs fruits et graines. Mais elles sont aussi les proies privilégiées des herbivores et des parasites (champignons, virus…). Ne pouvant fuir, elles ont développé différents moyens de lutteet s’entraident.

Des interactions qui nous sont souvent imperceptibles.

Alors, le temps d’une causerie dans ces jardins solidaires, le jour de la fête de la nature, nous ouvrirons l’œil sur l’invisible…

Pour retrouver le site de l’association « Côté jardins solidaires » c’est ici

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