Deux ou trois petites choses sur le silène enflé…

Deux ou trois petites choses sur le silène enflé…

Voilà une petite plante des bords de champs, que l’on connaît vaguement, mais qui mériterait que l’on s’y intéresse un peu plus.

On trouve cette herbacée partout en France, sur les talus et bords de chemins. Les fleurs du silène enflé, s’épanouissent d’avril à septembre. Elles sécrètent en soirée un abondant nectar dont raffolent les papillons de nuit qui le pollinisent.

Dessin tiré de « Flora parisiensis, ou description et figures des plantes qui croissent aux environs de Paris » M. Bulliard – Paris 1777

Autrefois, d’octobre à avril, avant qu’il ne fleurisse, les jeunes feuilles du silène étaient cueillies pour être consommées en salade. Leur goût sucré rappelant un peu celui du petit pois…

Il est de la famille des Caryophyllacées. Une famille qui nous offre un grand nombre de plantes de jardin, les lychnis ou coquelourdes, les saponaires, le Céraiste cotonneux ou corbeille d’argent, les gypsophiles, sans oublier les oeillets les plus connus certainement de la famille.

A observer cette fleur un peu étrange, le lien avec Silène, le compagnon de jeu de Bacchus, représenté toujours ivre et le ventre bien rond, saute vite aux yeux !

Silène d’après Carle Van Loo © Musée des Beaux-Arts de Nancy

Il semble que ce soit la comparaison anatomique qui ai inspiré les botanistes pour nommer cette plante, dont le calice est lui aussi boursouflé. En particulier le Silène enflé, Silene vulgaris, autrefois Silene inflata, le « pétarel » provencal, ou « cracinèl » languedocien.

Ces dénominations régionales rappellent, quant à elles, que les enfants l’utilisent comme un pétard, jeu bien modeste, certes, mais toujours amusant. Il suffit pour cela de faire éclater – ou craquer – la fleur en pinçant son orifice, pour emprisonner l’air, avant de le frapper brusquement sur le dos de l’autre main.

© Véronique Mure

Rabelais, dans le prologue de Gargantua, nous enseigne aussi que « les Silènes étaient jadis de petites boîtes comme on en voit à présent dans les boutiques des apothicaires et sur lesquelles étaient peintes des figures amusantes et frivoles et autres images semblables, pour inciter les gens à rire, à l’instar de Silène, maître du bon Bacchus. Mais à l’intérieur, on conservait de précieux ingrédients comme le baume, l’ambre gris, l’amome, le musc, la civette, les pierreries et d’autres choses de grande valeur …

Silène, musée des apothicaires, Troyes

© Véronique Mure

Ils sont 2 commentaires

  1. fabienne

    Merci pour le silène qui finit sa floraison; ses pousses printanières sont également comestibles en salade dans le pays d’oc. Puis c’est rigolo, comme pétard sans danger!


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