Et alors comment vous y prenez-vous pour arroser ?

Et alors comment vous y prenez-vous pour arroser ?

« Et alors comment vous y prenez-vous pour arroser ?

Voici : je prends le bigot, la bêche, ce que vous voudrez ; Je remue d’abord le sol, je brise soigneusement les mottes, je l’ameublis, je creuse une cuvette au pied de mes plantes s’il le faut, et j’arrose non à des doses massives, mais lentement, avec un arrosoir à pomme, de façon à imiter la pluie. Je n’arrose pas à fond, en une seule fois, j’attends que la terre ait été pénétrée par l’eau, j’y reviens un moment après, et ainsi de suite … plusieurs reprises ; la terre meuble absorbera autant d’eau que je voudrai lui en donner.

– Eh ! Voisin, je vous entends, mais à ce compte-là ma citerne sera bientôt vide…

– Vous arroserez moins souvent, et cela reviendra au même. L’arrosage terminé, mettez au pied de vos plantes, mieux encore sur toute la surface de vos plates-bandes un bon paillis, fixez-le çà et là avec des pierres plates légères, et je vous assure que vous obtiendrez les meilleurs résultats tout en économisant l’eau… Avant de vous quitter laissez-moi vous donner à la hâte les quelques conseils suivants : arroser le soir au déclin ou au coucher du soleil, l’humidité aura toute la nuit pour pénétrer le sol et les effets de votre arrosage seront plus durable… Puisez votre eau le matin, mettez la au soleil dans un baquet, le soir elle sera tiède, c’est la température qui convient aux plantes. Qui saura jamais le mal fait aux jardins par des eaux trop fraîches ? … N’arrosez jamais en plein soleil quand la terre est brûlante ; Croiriez-vous que la terre desséchée et soumise aux ardeurs du soleil s’échauffe au contact de l’eau ? Il en est pourtant ainsi, et les plantes sont échauffées, brûlées…. »

Le mazetier, n°6 du 1er au 15 août 1912. In « jardins de garrigue », Véronique Mure, 2007, éd : Edisud.

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