L’olivier, la mouche et l’inule.

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L’olivier, la mouche et l’inule.

Nous y voilà, dans la douceur de ce mois d’octobre, le temps des olivades est là. Les olives, vertes il y a quelques jours encore, virent au violet puis au noir à la vitesse d’un éclair.

Alors nos doigts s’activent entre les feuilles coriaces pour récolter les précieuses drupes. Cueillir les olives. Les entasser dans les paniers. Cueillir les olives arrivées à parfaite maturité, juste avant qu’elles ne tombent ou qu’un vent sournois n’en précipite la chute. Cueillir rapidement pour gagner du temps, pour prendre de vitesse la mouche, Dacus olea, qui se développe à la faveur des journées encore chaudes et toujours humides de ce début d’automne. Une mouche qui pond dans la chair de l’olive et dégrade la qualité des fruits et de l’huile. Pas une mouche, bien sur, mais des mouches… en pagaille ! 2014 est une année à mouches. Elles prolifèrent et piquent sans vergogne les olives, et en priorité les plus charnues.

Il y a bien les inules visqueuses Dittrichia viscosa, consciencieusement conservées entre les rangées d’arbres, qui sont sensées réguler l’attaque. Des astéracées, cousines des asters ou des chrysanthèmes, en pleine floraison en ce mois d’octobre. Elles inondent l’olivette de jaune, dans une belle harmonie avec le feuillage gris-argenté des arbres. Il y a peu encore mal aimées, considérée même comme des invasives, elles sont désormais de précieuses alliées de l’oléiculteur dans la lutte contre la mouche de l’olive. Un « insecticide végétal » recherché. Elles en abritent un parasite de leur parasite qui… Une histoire de billard à trois bandes en quelque sorte… Mais la bataille contre la mouche n’en est pas gagnée pour autant ! il faudra encore plus d’inules certainement.

Seules les petites olives aromatiques de l’arbequine prennent leur temps avec insouciance. Une variété originaire de Palestine, peu fréquente dans le sud de la France mais abondante en Espagne depuis le XVIIe siècle, avec des fruits si petits que la mouche semble passer à côté sans les voir. Ou alors est-ce parce que la pulpe de l’olive est si fine qu’elle ne peut pas pondre dedans ?

Si lutte il y a entre l’olivier, la mouche et l’inule, c’est cependant une lutte feutrée, silencieuse, dont le paysage alentour ne se ressent pas. Celui-ci semble au contraire si paisible.

Immergés au cœur de l’olivette, noyés dans les frondaisons moutonnantes des oliviers, baignés de soleil, tout à notre cueillette, nous sommes hors du temps. A ce moment précis, et précieux, j’entends dans le frémissement des feuillages les paroles que Justin nous murmure du fond des âges :

« Ces Phocéens adoucirent la barbarie des Gaulois, et leur enseignèrent une vie plus douce : ils leur apprirent à cultiver la terre, et à entourer les cités de remparts ; à vivre sous l’empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l’olivier : et tels furent alors les progrès des hommes et des choses, qu’il semblait, non que la Grèce eût passé dans la Gaule, mais que la Gaule elle-même se fût transportée dans la Grèce. »

© Véronique Mure © Véronique Mure © Véronique Mure © Véronique Mure © Véronique Mure © Véronique Mure © Véronique Mure © Véronique Mure © Véronique Mure

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Ils sont 2 commentaires

  1. marcel benayoun

    Bonjour mes olives sont piquées par la mouche.On m’a parlé de la :inule visqueuse?Comment on cela procure?Bon pour mon problème?Y a t’il autre chose?Merci pour votre réponse.Cordialement

  2. veronique

    Bonjour Vous en trouverez chez le pépiniériste Olivier Filippi à Mèze (34).Cette espèce peut participer à réduire le problème de la mouche de l’olivier mais elle ne peut pas constituer l’unique solution. Il faut l’employer en complément d’autres traitement comme pulvérisation d’argile par exemple. Cdt.


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