Le jardin de Pétrarque – Fontaine de Vaucluse

Le jardin de Pétrarque – Fontaine de Vaucluse

2021

Un jour de janvier

L’écriteau annonce le Jardin de Pétrarque

Mais devant nous un tunnel

S’y faufiler comme le fil dans le chas d’une aiguille

Faire quelques mètres

Ralentir

Le temps de se débarrasser de tout ce qui nous encombre 

Laisser l’intrigue faire son œuvre et se mettre à l’écoute 

Travelling vers le jardin de Francesco Petrarca.

Un nom qui sonne comme la promesse d’une expérience unique.

Au bout du tunnel, la silhouette effilée d’un cyprès se découpe sur le ciel.  

Dans ce pays noyé de soleil, c’est pourtant l’ombre et la fraicheur qui nous accueillent.

Un plaisir en été, moindre en hivers…  

Le jardin, tout en longueur, dominé par une haute falaise vêtue de lierre, se dévoile à nous.

Le fracas d’une eau bondissante signale la présence toute proche de la Sorgue. Nul n’ignore que cette eau claire vient tout juste de surgir de la mythique Fontaine, un peu plus haut de la Vallée clause, Vallis clausa.

Mais bientôt, imperceptiblement, une autre musique parvient à nos oreilles, comme un chuchotement. Le murmure des arbres frôlés par le vent. 

Ils nous racontent des histoires singulières. 

Des gigantesques platanes de la Rotonde aux épais lauriers d’Apollon du jardin du musée, en passant par les figuiers sauvages des berges, exhibant leurs capri-figues comme des décorations de Noël, ou les sureaux qui émergent des ronciers, chaque espèce a un souvenir, une anecdote, à nous confier sur le site et ses hôtes.

Nous avons conscience de marcher dans les pas de Pétrarque, coiffé de sa couronne des vainqueurs, mais aussi sur les vestiges des usines en friche. 

Malgré le froid qui nous pénètre, la magie du lieu opère.

Nous comprenons alors que cette ombre qui nous enveloppe est celle des poètes.

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré, a écrit Eluard. 

Le jardin tout pareil ?

Suivons les surréalistes dans leurs jeux favoris, en donnant des réponses à des questions cachées sous les plis des feuilles, en composant à plusieurs voix un poème inspiré d’un simple écriteau (1).

Pris à leur jeu, on ne voudra plus les quitter.

En sortant du jardin on voudra prolonger la visite. Suivre René Char et ses amis dans la garrigue proche et monter jusqu’à l’ermitage où il se retirait parfois pour travailler. De cette solitude, on voyait les rochers qui surplombent la fontaine de Vaucluse (2)

Des paysages grandioses dont Pétrarque était tout aussi familier. 

©vmure
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(1)Hugo, J.  Le regard de la Mémoire. Actes Sud, 1983

(2)Hugo, J.  Carnets 1946 – 1984. Actes Sud, 1994

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