Le tamaris, Gacholo de Camargue

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Le tamaris, Gacholo de Camargue

Petit arbre emblématique de Camargue, le tamaris semble vivre depuis toujours sur ces terres. Son nom d’espèce, gallica, l’affirme, il est de là…

Et l’on ne saurait imaginer la sansouïre, paysage emblématique du delta du Rhône, sans lui. Il aime ces sols inondables, gorgés de sel, avec leur cortège de végétaux halophiles, saladelles, salicornes annuelles ou pérennes, soudes, obione, qu’il domine avec mesure… A peine s’il dépasse sur ces horizons plats, immense étendue ouverte au quatre vent.

Le tamaris est un petit arbre discret, souvent juste un arbuste, aux petites fleurs en épis d’un rose un peu passé, et au feuillage en écailles plaquées. Un feuillage qui se débrouille pour fixer l’humidité de l’air grâce à une solution de chlorure de calcium qu’il sécrète. C’est pourquoi il a toujours l’air un peu poisseux.

Quand il prend de l’âge il arrive pourtant à former un tronc large et tortueux. Il devient un vrai arbre ! Un de ceux que Frédéric Mistral appelait « Gacholo », et ce nom leur est resté. Pourquoi ce nom ? La gacholo est une hauteur de laquelle on surveille les alentours, comme ce phare du même nom, le phare de la Gacholle, à proximité du golfe de Beauduc. Vu la taille des tamaris, même vieux, ce ne peut être que comparé à la platitude de son environnement qu’il doit cette réputation.

En cherchant dans les textes anciens, on le trouve arbre sacré de la Haute-Egypte, associé au dieu Osiris, esprit de la végétation qui meurt et renait sans cesse, dont la dépouille enfermée dans un cercueil jeté à l’eau, avait flotté jusqu’aux rives de Byblos pour s’échouer dans un tamaris.

Avec ses profondes racines, c’est aussi l’arbre de l’immortalité et de l’ancrage, de l’attachement amoureux.

Le Tamarix mannifera, arbre producteur de la manne, exsudat provoqué par la piqure d’un puceron, aurait quant à lui, nourri le peuple hébreu dans le désert.

Pourtant dans le Coran, c’est l’arbre des environnements dégradés : «Et nous déchaînâmes contre eux l’inondation des barrages et nous changeâmes leurs deux jardins en jardins de fruits amers avec des tamaris et quelques jujubiers» (Sourate 34:16).

Mais revenons aux tamaris des paysages de Camargue, ceux si bien décrits par le nîmois Alphonse Daudet :

« A perte de vue, parmi les pâturages, des marais, des roubines luisent dans les salicornes. Des bouquets de tamaris et de roseaux font des îlots comme sur une mer calme. Pas d’arbres hauts. L’aspect uni, immense de la plaine, n’est pas troublé… Des troupeaux dispersés, couchés dans les herbes salines, ou cheminant serrés autour de la cape rousse du berger, n’interrompent pas la grande ligne uniforme, amoindris qu’ils sont par cet espace infini d’horizons bleus et de ciel ouvert. Comme la mer unie malgré ses vagues, il se dégage de cette plaine un sentiment de solitude, d’immensité, accru encore par le mistral qui souffle sans relâche, sans obstacle, et qui, de son haleine puissante, semble aplanir, agrandir le paysage. Tout se courbe devant lui. Les moindres arbustes gardent l’empreinte de son passage, en restent tordus, couchés vers le sud dans l’attitude d’une fuite perpétuelle… »

tamaris  © Véronique Muretamaris  © Véronique Mure

 

tamaris  © Véronique Mure tamaris  © Véronique Mure

 

tamaris  © Véronique Muretamaris  © Véronique Mure

 

Tamaris devant la cabane aux Saintes Marie de la Mer vers 1950

tamaris  © Véronique Mure

Le même tamaris devenu « gacholo » devant la cabane – 2015

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  1. Le tamaris, Gacholo de Camargue | Camargue Natu...

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  2. Le tamaris, Gacholo de Camargue | La parole de ...

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