Un été tout en bleu dans les jardins

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Un été tout en bleu dans les jardins

L’été, les jardins de la Bigotie se mettent au bleu. La couleur des agapanthes, des lavandes, du perovskia, du nepeta, du gattilier ou encore de la vipérine, une sauvageonne chez nous conservée autant que faire se peut… Le bleu, une couleur appréciée des abeilles et des bourdons, dont l’activité fait rage en ce mois de juillet.

Le bleu est la couleur préférée des occidentaux depuis plus d’un siècle. Pourtant, d’après les études de Michel Pastoureau, médiéviste spécialiste des couleurs, cela n’a pas toujours été le cas. Longtemps, le bleu a été mal aimé. D’après lui, si on l’aime aujourd’hui, c’est « tout simplement parce que c’est une couleur consensuelle, pour les personnes physiques comme pour les personnes morales: les organismes internationaux, l’ONU, l’Unesco, le Conseil de l’Europe, l’Union européenne, tous ont choisi un emblème bleu. On le sélectionne par soustraction, après avoir éliminé les autres. C’est une couleur qui ne fait pas de vague, ne choque pas et emporte l’adhésion de tous. Par là même, elle a perdu sa force symbolique. Même la musique du mot est calme, atténuée: bleu, blue, en anglais, blu, en italien… C’est liquide et doux. On peut en faire un usage immodéré. Aujourd’hui, quand les gens affirment aimer le bleu, cela signifie au fond qu’ils veulent être rangés parmi les gens sages, conservateurs, ceux qui ne veulent rien révéler d’eux-mêmes. D’une certaine manière, nous sommes revenus à une situation proche de l’Antiquité: à force d’être omniprésent et consensuel, le bleu est de nouveau une couleur discrète, la plus raisonnable de toutes les couleurs. »[1]

De fait, au jardin,  le bleu est une couleur peu lumineuse mais très appréciée. Elle sert de faire valoir aux couleurs chaudes pour obtenir un contraste chaleureux ou au contraire à des coloris doux pour créer un ensemble harmonieux.

Les jardins bleus seraient donc des jardins doux, qui apaisent. Une qualité qui certes ne domine pas nos sociétés, mais qui y pointe, de plus en plus, son nez.

Le bleu au jardin déteindrait-il sur notre âme, lui ouvrant la porte du rêve, comme nous le suggère Guy de Maupassant ? Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime une tendresse inavouée, discrète et idéale.

Un peu fleur bleue tout cela non ?

En bonus : Claude Nougaro, La fleur bleue… Et aussi : La « Fleur bleue » de Charles Trénet…


[1] Michel Pastoureau, Bleu. Histoire d’une couleur, Paris, Le Seuil, 2000, 216 p.

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