Qui est vraiment ce pin d’Alep qui barbouille nos paysages méditerranéens ?

Qui est vraiment ce pin d’Alep qui barbouille nos paysages méditerranéens ?

 

Qui est ce pin qui déferle sur nos paysages méditerranéens, les submerge avant même qu’on l’ai vu arriver, et finit par les engloutir sous une vague de houppiers  dégingandés?

Miller, en 1768 le dit d’Alep (Pinus halepensis) et depuis on le nomme ainsi. Quelque fois on l’appelle aussi pin de Jérusalem, mais n’allez pas croire à une origine moyen-orientale. La paléogéographie montre qu’il est bel et bien nord-méditerranéen. A la faveur des glaciations, nous dit Ibrahim Nahal[1], il a pu conquérir l’Afrique du nord où il a pris une grande extension ; Et depuis la désertification post-glaciaire, son aire s’est réduite aux dimensions actuelles. Il reste néanmoins principalement une essence du climat méditerranéen semi-aride et il faut bien le considérer comme spontané dans le bassin méditerranéen français.

L’archéologie et la littérature nous offrent des preuves de cet indigénat.

Il est observé à l’état fossile dans le bassin méditerranéen français dans des dépôts des époques Pliocène et Pléistocène.[2]

Plus près de nous, Strabon au premier siècle avant notre ère décrit les collines de Sète comme hérissée d’une forêt que Flahaut identifie comme étant composée de Pin d’Alep.

Enfin, une amphore du début de l’ère chrétienne, découverte au large du Cap d’Agde et contenant des restes de résine de Pin d’Alep produite localement, confirme sa présence.

Mais d’où vient alors cette idée qu’il n’est pas « d’ici » ?

Est ce parce qu’il est capable de s’installer là où les autres ne peuvent pas aller ?

Indifférent à la nature physique ou chimique de la roche mère, qu’elle soit acide ou basique, argileuse ou sableuse, pourvue en calcaire ou décalcifiée. Capable de vivre dans des sols très variés et même fréquemment dans des sols peu évolués, jeunes. Même si dans les sols les plus pauvres, les peuplements y sont chétifs et clairsemés. Seules les températures fraîches lui sont défavorables ce qui explique sa disparition au dessus de 700m d’altitude.

Si vous ajoutez à cela un potentiel de régénération exceptionnel, une bonne adaptation à des milieux instables, aux stress climatiques et aux perturbations, vous avez un modèle d’espèce expansionniste, capable de conquérir du terrain partout où tout autre arbre serait en difficulté.

Le Pin d’Alep est donc une essence de reconquête, un arbre pionnier par excellence, qui accroit son territoire au gré des perturbations, des incendies et de l’abandon des cultures… C’est une de ses principales propriétés, et un de ses principaux défauts…

S’il n’occupait, à l’origine, qu’une très faible superficie dans l’étage semi-aride de la région sud-est de Narbonne et autour de Marseille, il a pris depuis plus d’un siècle une place de plus en plus importante dans les régions méditerranéennes françaises.[3]

Il se distingue facilement des autres pins par sa silhouette échevelée et son tronc tortueux et ses aiguilles molles. Il est à son aise sur les falaises méditerranéennes. Son architecture plastique, lui permet de se coucher sous le vent adoptant un port quasiment à l’horizontale, en surplomb de l’eau turquoise des criques abritées. Il faut bien l’avouer, dans cette situation, il est de toute beauté ! Pas étonnant qu’il soit ainsi devenu une des figures emblématiques des côtes provençales et des affiches touristiques des P.L.M. (Paris-Lyon-Méditerranée).

Domaine du Rayol © Véronique Mure

Domaine du Rayol © Véronique Mure

Domaine du Rayol © Véronique Mure

Domaine du Rayol © Véronique Mure

Il aime aussi les sites en terrasse. Avec leurs murs de pierres sèches qui retiennent la terre, limitent l‘érosion, favorisent l’infiltration de l’eau et l’accumulation de la matière organique, ils ont tout pour lui plaire.

Profitant de la régression du verger oléicole français, commencée bien avant l’l’hiver 1956 où un froid exceptionnel a fini de décimer les oliviers, il s’est installé sur les terrasses patiemment aménagées par des générations de « garrigaïres ».

Jean Nicod en témoigne en 1956 parlant déjà « d’envahissement par la pinède » des oliviers abandonnés. « Trop fréquemment, en Provence, s’offre le spectacle des olivettes ruinées, où les arbres buissonnent au milieu des épines et des jeunes pins, sur les restanques dont les murs s’éboulent. »[4]

Au delà de l’impact de la déprise agricole, il ne faut pas négliger, dans cette extension du Pin d’Alep, la place des reboisements, lesquels, en beaucoup de points, furent le foyer de la dissémination de cette essence.

Durant tout le XXème siècle des reboisements en conifères et particulièrement en Pins d’Alep sont mis en œuvre par la plupart des forestiers et par des propriétaires privés en région méditerranéenne. L’extraction de sa résine par gemmage pour produire de l’essence de térébenthine de bonne qualité a motivé en partie les forestiers. Mais c’est surtout la facilité d’installation des jeunes plants et la mise en place rapide d’un couvert forestier assez régulier, lequel devait céder plus tard sa place à la chênaie qui fut plébiscité. Cependant les reboisements en résineux furent et font encore, l’objet de controverses. Pour Roger Ducamp, conservateur des Eaux et Forêts à Nîmes de 1920 à 1927, et créateur de l’Ecole de Nîmes « (les) pins… restent, dans les gestes et les goûts de nomades qui sont leur qualification propre, des essences bouche trou et non de remplacement permanent. » Il voyait dans les pinèdes plutôt une collection de perches et, a posteriori, des difficultés de gestion du peuplement et un risque du fait de son inflammabilité notoire.[5]

Une inflammabilité stratégique pourrait-on même dire. Le Pin d’Alep est un pyrophyte qui a besoin des incendies pour se reproduire. Incendies dont il favorise donc la propagation. Ses aiguilles sont d’une année sur l’autre de plus en plus inflammables, Sèches elles vont être stockées dans un enchevêtrement de branches mortes tout au long du tronc, l’élagage naturel des Pins d’Alep s’effectuant assez mal, créant ainsi ce que les forestier nomment « une échelle à feu » ; Enfin ses cônes sérotineux, enduit d’une cire, vont s’ouvrir au passage du feu, sous l’effet de la chaleur et libérer une grande quantité de graines qui vont trouver sur la couche chaude de cendres un milieu propice à leur germination[6].

Au delà des arbres eux même, c’est la pinède à Pins d’Alep dans son ensemble qui favorise l’incendie, dans la mesure où le couvert de Pin d’Alep laisse filtrer suffisamment de lumière pour permettre le développement d’une strate arbustive puissante.

La combustion de cette strate arbustive communiquera I‘incendie aux houppiers des pins dont les feuillages sont fortement inflammables… On connaît la suite.

Abandon des cultures en terrasse, pression des incendies, autant de facteurs propices à l’installation de cette opportuniste qui envahie chaque jour un peu plus les paysages méditerranéens façonnés pendant des siècles par des générations d’agriculteurs, de bergers et de forestiers. Avec la disparition de ces activités depuis le milieu du XXème siècle, les milieux se referment progressivement en évoluant vers des stades forestiers.

Les chiffres avancés par l’Inventaire Forestier National le confirment :

En région méditerranéenne (hors montagne) le Pin d’Alep est passé de 36.000ha à 244.000 ha en 125 ans (1878 – 2003). Avec une supériorité historique des pinèdes provençales sur leurs voisines languedociennes.

Mais à y bien regarder, le Pin d’Alep n’est toujours que la troisième essence forestière de nos régions méditerranéennes françaises, loin derrière le chêne vert (Quercus ilex) avec plus 440.000 ha et à peine devancé par chêne blanc (Quercus pubescens) avec 281 .000ha.[7]

D’où vient alors cette impression que le Pin d’Alep est partout ? Qu’il est seul responsable de la fermeture de nos paysages méditerranéens, de la disparition de ce qui en fait l’identité, de la mise à l’ombre (une ombre froide par ailleurs que les jardiniers déconseillent…) de siècles d’histoire inscrits dans ces paysages en mosaïques issus de la cohabitation avec l’homme.

Peut-être son omniprésence dans les paysages de notre quotidien, ceux dans lesquels on circule le plus fréquemment, est un début de réponse. Souvent en situation dominante, très présent en crêtes ou en haut de versant, il est un élément structurant du paysage, constituant sur certaines communes 80 à 90% de la strate arborée péri-urbaine.

Avec leurs houppiers dispersés, leurs hautes cimes irrégulières et peu denses se détachant sur le ciel azur de la Provence, ils dessinent des paysages qui rompent avec la monotonie de la plus part des couverts forestiers méditerranéens. Représentation magnifiée d’une méditerranée que les peintres du grand atelier du Midi ont largement contribué à diffuser à travers leurs oeuvres. Cependant, une fois cette vision idéalisée dépassée, les Pins d’Alep perdent généralement de leur superbe dès que l’on pénètre au cœur des pinèdes. Leur état sanitaire souffre souvent d’anciennes pratiques de gemmage, pour l’extraction de la résine, ou de densités excessives. Au final ce sont plus des « collections de perches » qui caractérisent ces formations végétales livrées à elles même que des arbres de belle venue. Observée en détail, leur structure paysagère se révèle d’une grande fragilité et leur présence source à la fois d’un accroissement du risque d’incendies et d’un appauvrissement de la biodiversité lié à la fermeture du milieu et à l’homogénéisation des unités faunistiques et floristiques[8].

Mais jusqu’où va aller ce pin d’Alep qui barbouille nos paysages méditerranéens ?

Peut être pas très loin si l’on en juge sa faible durée de vie, en moyenne inférieure au siècle, et surtout l’impact des changements climatiques sur sa croissance.

Le changement global a conduit au cours du XXe siècle une accélération rapide de la croissance hauteur du Pin d’Alep. La hauteur des pinèdes provençales à 70 ans a gagné près de 4 m en un siècle. Le froid étant un facteur limitant de la croissance du Pin d’Alep, le réchauffement du climat et l’allongement de la saison de végétation (près de 15 jours en 40 ans) sont sans doute des facteurs déterminants de cette accélération. L’amélioration des sols laissés au repos et gagnés par la forêt, après des siècles ou des millénaires de dégradation et surexploitation, est sans doute aussi un facteur clef de cette accélération.[9]

Mais les accidents climatiques récents ont montré que l’on risquait de franchir rapidement des seuils critiques en terme de bilan hydrique, et que l’équilibre entre le climat, le sol et la topographie pouvaient être modifié. La croissance du pin d’Alep montre déjà des signes de ralentissement. L’épisode de canicule de 2003 et les conditions de température et sécheresse qui ont régné en Provence de 1998 à 2008, ont largement réduit la croissance et dégradé l’état sanitaire du Pin d’Alep montrant que l’on avait passé une limite critique. Le climat pourrait, dans le futur, gagner du poids dans les modèles. L’accroissement des déficits hydriques d’origine climatique, qui ne pourraient plus être entièrement compensés par les facteurs stationnels à basse altitude, devrait éliminer le pin d’Alep des plus mauvaises stations et diminuer globalement sa croissance dans une grande partie de son aire actuelle.[10]

Ce constat confirme-t-il que le Pin d’Alep est avant tout une essence de transition, une espèce « expansionniste » nécessaire à la maturation des forêts méditerranéennes, constituant, pour Pierre Quezel, une « pré-forêt » « un stade dynamique transitoire entre les matorrals de dégradation et les forêts proprement dites » [11] ?

Alors quel avenir des paysages méditerranéens après la pinède ?

Il faut être honnête, malgré une augmentation fulgurante de ses surfaces forestières, avec une croissance de 1% en moyenne annuelle sur la période 1989-2004, là où l’ensemble de la forêt française a cru de 0,5%, le paysage méditerranéen se pense en réalité comme non forestier[12]. Même si la forêt est partie prenante du système agro-sylvo-pastoral qui a présidé, jusqu’à peu, à sa mis en place, le paysage méditerranéen se pense avant tout comme un terroir cultivé, témoignage de l’empreinte de l’homme sur ces espaces. Et puis ses forêts ne font jamais référence tant chez les forestiers que dans l’imaginaire collectif. Elles souffrent d’un double déficit d’image.[13]

Avouons le, nous avons du mal à penser l’avenir des paysages méditerranéens (hors montagne) à travers des systèmes forestiers dominants.

Mais tout va si vite.

Le XXIe siècle sur notre rive de la méditerranée peut-il réduire la fracture paysagère créée par le siècle précédent ? Va-t-il inventer de nouveaux usages, une nouvelle mosaïque de milieux, riche en biodiversité, s’adapter aux changements climatiques  ?

Nos paysages se ferment mais leur avenir reste ouvert…

Véronique Mure.

What actually is this Alep pine daubed about our Mediterranean landscapes?

What is this pine erupting out of our Mediterranean landscapes, submerging them even before we saw them arrive, and then engulfing them under a wave of lanky crowns?

Miller named the Alep (Pinus halepensis) in 1768 and it’s remained with this name every since. Sometimes it’s also called the Jerusalem Pine, but don’t go thinking it has middle-eastern origins. Palaeogeography shows it to indeed be northern Mediterranean. Owing to glaciation, Ibrahim Nahal tells us[1], it was able to conquer Northern Africa, where it spanned extensively. And since post-glacial desertification, its scope is reduced to the current dimensions. Nevertheless, it remains mainly a tree species of the semi-arid Mediterranean climate and should be considered spontaneous in the French Mediterranean Basin.

The archaeology and literature offer us proof from the French Colonial era.

The fossil remains are observed in the French Mediterranean Basin in deposits from the Pliocene and Pleistocene Epochs.[2]

Closer to us, in the first century BC, Strabo described the hills of Sète as bristling with a forest that Flahaut identified as being composed of Alep Pine.

Finally, an amphora from the first Christians, discovered off the Cap d’Agde and containing remains of Alep Pine resin produced locally, confirms its presence.

But, so where does this idea that it’s not “from here” come from?

Is it because it’s able to grow here where others can’t?

It is indifferent to the physical or chemical nature of the bedrock, whether it be acid or alkaline, clayey or sandy, full of lime or decalcified. It is capable of living in quite varied soils and even frequently in not very developed soils (young soils). Even if in the poorest soils, the populations there are puny and scattered. Only cool temperatures discourage it, which explains its disappearance above 700m of altitude.

If you add to this, an exceptional potential for regeneration, good adaptation to unstable environments, climate stress and disturbances, you have an expansionist species model, capable of conquering land in all places where other trees would have difficulty.

The Alep Pine is thus the essence of reconquest; a pioneer tree par excellence that increases its territory in response to disturbances, fires and abandoned cultivation. This is one of its main features, and one of its main defects…

Though, at first, it only occupied a very small surface in the semi-arid terrace of the southeast region of Narbonne and around Marseille, it has, over more than a century, taken up larger and larger space in the French Mediterranean regions.[3]

It is easily distinguished from other pines by its ruffled silhouette and its winding trunk and soft needles. It is quite comfortable on Mediterranean cliff sides. Its flexible architecture allows it to bend under the wind, adopting an almost horizontal bearing, overhanging the turquoise water of sheltered coves. One has to admit that it cuts a beautiful figure in this situation! No wonder it has become one of the emblematic figures of the Provence coasts and adorns the P.L.M. (Paris-Lyon-Mediterranean) tourism posters.

It also likes terrace sites. With their dry stone walls that retain the earth, limit erosion, encourage water infiltration and accumulation of organic matter, they’ve everything to be happy about.

Taking advantage of the decline in French olive plantations, begun well before the winter of 1956 when an exceptional cold spell ended up decimating olive groves, it installed itself on the terraces patiently arranged by generations of garrigaïres.

Witnessing this in 1956, Jean Nicod already spoke of “the invasion by the pine forest” in abandoned olive fields. “Too frequently, in Provence, the spectacle of ruined olive fruits can be seen, where the trees are bushy in the middle of thorns and young pines, on the terraces where the walls are collapsing. ”[4]

Beyond the impact of the agricultural depopulation, in this expansion of the Alep Pine, we shouldn’t neglect the place of reforestation, which, in many way, was the source of this tree species’ dissemination.

Throughout the 20th century, reforestation using coniferous plants, and particularly Alep Pines, was implemented by most forestry workers and by private owners in the Mediterranean region. The extraction of its resin by tapping to produce good quality essence of turpentine has, in part, created incentive for forestry workers. But above all, it’s the ease of installing young plants and the quick implementation of fairly regular forest coverage that must later cede its place to the oak groves, which would become the overwhelming majority. However, reforestation with conifers was, and are still, the subject of controversy. For Roger Ducamp, Curator of Water and Forests in Nîmes from 1920 to 1927 and creator of the Nîmes School, “(the) pines… remain, in the gestures and tastes of nomads that are their own qualification, are tree species for filling holes and not for permanent replacement.” In the pine forests, he rather saw a collection of poles and, in hindsight, difficulties in population management and risks from their notorious inflammability.[5]

A strategic inflammability, we could even say. The Alep Pine is a pyrophyte that needs fires to reproduce. Fires thus encourage its propagation. Its needles are more and more inflammable from one year to the next; dried, they will be stocked in a tangle of dead branches all alongside the trunk. The natural pruning of Alep Pines is done fairly poorly, thus creating what forestry workers call a “fire ladder”. At last, its serotinous cones, coated with a wax, will open themselves to the fire, and under the effects of the heat, will issue a large amount of seeds that will find a favourable environment for their germination on the warm bed of cinders [6].

Beyond the trees themselves, it’s entire Alep Pine forests that encourage fire, as long as the Alep Pine coverage allows sufficient filtration of light in order to allow development of a powerful bush stratum.

The combustion of this bush stratum will bring the fire to the crowns of the pines where the leaves are highly inflammable… And you know how it ends.

Abandonment of terrace cultivation and pressure from fires are both factors that equally encourage the installation of this opportunist that, with every passing day, invades a bit more the Mediterranean landscapes that were moulded over centuries by generations of farmers, shepherds and forest cultivators. With the disappearance of these activities since the mid-20th century, the environment is gradually closing up as it evolves toward foresting stages.

The figures given by the National Forest Inventory confirm this:

In the Mediterranean (non-mountainous) region, the Alep Pine has gone from 36,000 ha to 244,000 ha in 125 years (1878 – 2003), with historic prevalence of Provence pine forests over their Languedoc cousins.

But when you look closely, the Alep Pine has always been no more than the third forest tree species of our French Mediterranean regions, far behind the green oak (Quercus ilex), with over 440,000 ha, and barely outstripped by the white oak (Quercus pubescens), with 281,000 ha.[7]

So where does this impression that the Alep Pine is everywhere come from? That it is solely responsible for the closing of our Mediterranean landscapes, the disappearance of its identity, and the erasing (which, by the way, gardeners advise against) of centuries of history inscribed in its landscapes in mosaics arising from cohabitation with mankind.

Perhaps its omnipresence in our daily landscapes, those we see around us the most frequently, is the beginning of a response. Often in a dominant situation, very present on peaks or high slopes, it is an element that structures the landscape, constituting, in certain communes, 80 to 90% of the periurban arboreal stratum.

With their disperse crowns, their high, thin, irregular tops standing out against the blue sky of Provence, they sketch landscapes that break with the monotony of most Mediterranean forestry coverage. This is a representation magnified by a Mediterranean that painters of the Great Studio of the Midi have widely contributed to diffusing through their works. However, once this idealised vision has passed, the Alep Pines generally lose their magnificent status as soon as we penetrate into the heart of the pine forests. Their health conditions often suffers from ancient tapping practices for extraction of resin, or from excessive densities. In the end, they are no longer “collections of poles” that characterise these vegetal formations as trees that arrived to save the day. Observed in detail, their landscape structure turns out to have a great fragility and their presence gives rise both to an increase in fire risk as well as an impoverishment of the biodiversity associated with the closing up of the environment and to homogenisation of the flora and fauna [8].

But how far can the growth of this Alep Pine daubed about the Mediterranean landscape go?

Perhaps not too far, if we go by its short lifespan, which is less than a century on average, and above all, due to the impact climate change will have on its growth.

Throughout the 20th century, global climate change has led to a rapid acceleration of the height of the Alep Pine. The height of Provence pine forests at 70 years old has gained close to 4 metres in a century. The cold being a limiting factor on the Alep Pine’s growth, climate warming and extension of the vegetation season (close to 15 days in 40 years) are doubtlessly factors that determine this acceleration. The improvement of soils left to rest and gained by the forest, after centuries or millennia of degradation and overexploitation, is also, without a doubt, a key factor in this acceleration.[9]

But recent climatic accidents have shown that we risk rapidly exceeding critical thresholds in terms of hydric outcome, and that the balance between the climate, soil and topography could be modified. The growth of the Alep Pine already shows signs of slowdown. The heat wave of 2003 and the temperature and drought conditions that reigned in Provence from 1998 to 2008 have broadly reduced growth and degraded the health status of the Alep Pine, showing that we have passed a critical limit. The climate could, in the future, gain weight in the models. The increase in hydric deficits due to the climate, which cannot be fully compensated by site-specific factors at base altitude, should eliminate the Alep Pine from the worst areas and globally reduce its growth in a large part of its current area.[10]

Does this assessment confirm that the Alep Pine is, above all, a tree species for transition, an “expansionist” species necessary for the maturation of Mediterranean forests, constituting, for Pierre Quezel, a “pre-forest”, a “dynamic, transitory stage between the shrublands of degradation and forests per se?” [11]

So what does the future hold for Mediterranean landscapes after the pine forest?

We have to be honest: despite a dazzling increase in its forested surfaces, with an average growth of 1% annually during the 1989-2004 period, when all French forests grew by 0.5%, the Mediterranean landscape is basically not forested [12]. Even if the forest is taking part in the agro-sylvo-pastoral system that governs, until recently, upon its implementation, the Mediterranean landscape was considered above all to be a cultivated territory, a vestige of mankind’s fingerprint on these spaces. And so these forests are never referred to either amongst forest workers or in the collective imagery. They suffer from a double image deficit.[13]

Let’s admit that it’s hard for us to think of a future for (non-mountain) Mediterranean landscapes using the dominant foresting systems.

It’s all going so fast.

Can the broken landscape on our Mediterranean shores created in the last century be reduced in the 21st century? Will new usages be invented, along with a new environmental mosaic, rich in biodiversity, adapted to climate change?

Our landscapes are closing up but their future remains open…

© Véronique Mure

© Véronique Mure

 

© Véronique Mure

© Véronique Mure

© Véronique Mure

© Véronique Mure

© Véronique Mure

© Véronique Mure

[1] Nahal, I., Le Pin d’Alep (Pinus halepensis Mill) 1962

[2] Pardé J., La productivité des forêts de Pin d’Alep en France, Annales de l’Ecole nationale des eaux et Forêts 1957.

[3] Nahal,I ibid

[4] Nicod, J., Grandeur et décadence de l’oléiculture provençale. In : Revue de géographie alpine. 1956, Tome 44 n°2. Pp. 247-295.

[5] Mure V., Lepart J., L’école de Nîmes, les conceptions de la gestion forestière en région méditerranéenne de Roger Ducamp conservateur des Eaux et Forêts (1861—1938), Bull. Soc. Et. Sc. Nat. Nîmes et Gard– 2005—Tome 65.

[6] Alexandrian D., Rigolot E., Sensibilité du Pin d’Alep à l’incendie. Forêt méditerranéenne, 13(3) 1992. pp. 185-198

[7] Hamza N., Etat et évolution de la ressource en forêt méditerranéenne : les chiffres de l’inventaire forestier national. In Forêt méditerranéenne. T.XXIX, n°4, décembre 2008. Pp 261-370.

[8] Mure V., juin 2012, La biodiversité menacée : l’exemple des garrigues méditerranéennes. In Les Amis du Muséum National d’Histoire Naturelle, n° 250 : 21-25

[9] Brochiero F., Chandioux O., Ripert C., Vennetier M., Autécologie et croissance du pin d’Alep en Provence calcaire. Ecology and height growth of Pinus halepensis (Mill.) in Provence. T. XX, n°2, 1999, pp. 83-94.

[10] Vennetier, M., Ripert C., Brochiéro F., Rathgeber C. Chandioux O., et al. Evaluation de la croissance du pin d’Alep en région méditerranéenne française. Revue Forestière Française, 2010 (5), 11p.

[11] Quezel, P., Barbero M., Le pin d’Alep et les espèces voisines : répartition et caractères écologiques généraux, sa dynamique récente en France Méditerranéenne. Forêt méditerranéenne T.XIII, n°3, juillet 1992.

[12] Fourault-Cauët,V., Le paysage, outil de territorialisation et d’aménagement incomplet pour les fôrets méditerranéennes ? Annales de géographie, 2010/3 n°673, p. 268 – 292.

[13] ibid

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