Nîmes et les micocouliers

Nîmes et les micocouliers

« Sous les lumières tamisées des micocouliers, les terrasses de café du boulevard Victor Hugo rejouent ad libitum la même scène rassurante d’une ville intacte, familière, bon enfant ».[1]

La silhouette massive du Micocoulier Provençal (Celtis australis) nous est désormais familière sur les boulevards des villes méditerranéennes. Arbre de première grandeur, tolérant les sols pauvres et secs, il se substitue peu à peu au platane décimé depuis plusieurs années par le chancre coloré.

On doit au botaniste suédois Karl von Linné de l’avoir nommé Celtis australis en 1753. Une manière d’affirmer son origine sudiste.

Les nîmois aiment l’appeler « alisier ». Une dénomination tout à fait impropre, mais on les sait réboussiers.

C’est le fanabreguièr en occitan, aussi bélicouquié.

Son tronc gris et légèrement évasé lui donne des allures de patte d’éléphant.

Dans certaines communes, il est cultivé pour les qualités de son bois, souple et clair. Ainsi, depuis des siècles, il sert à fabriquer les fameuses fourches de Sauve dans le Gard ou les manches de fouets et de cravaches de Sorède dans les Pyrénées-Orientales. En 1744, l’historien Léon Ménard[2] vante les services rendus par ce micocoulier, alors nommé Lotus fructu’cerafi ou Celtis fructu nigricante, si abondant à Nîmes. Les fourches faites de son bois sont très commodes à cause de leur légèreté. En 1842, dans sa « Statistique du département du Gard » Hector Rivoire nous le signale encore comme un bon bois de service. « C’est avec les jeunes plants de micocoulier qu’on façonne à Sauve, petite ville de l’arrondissement du Vigan, des fourches à trois fourchons, de la forme la plus belle, et qui servent à remuer la paille et le foin sur les aires. »[3]

Ses fruits sont des petites drupes longuement pétiolées. Ils sont consommés dans la région méditerranéenne depuis l’antiquité malgré leur goût un peu fade et la difficulté de leur récolte compte tenu de la hauteur des branches productrices. Cet usage est peut-être même bien plus ancien. Pour preuve la découverte dans l’Aven d’Orgnac, en Ardèche, d’une multitude de petites boules d’un demi-centimètre environ de diamètre, accumulées dans les draperies d’une concrétion effondrée. Une détermination du Laboratoire de Morphologie végétale et Paléobotanique de Montpellier confirma qu’il s’agissait de «graines fossiles correspondant à des endocarpes minéralisés de Celtis australis L.. L’espèce étant encore actuelle et indigène, cette récolte ne peut, du point de vue datation, donner d’autre indication qu’un âge assez récent, vraisemblablement quaternaire ou peut-être Pliocène. »[4]

Le limbe de ses feuilles, rêche et légèrement dissymétrique, ajouté à l’implantation distique de ses rameaux, nous rappelle qu’il fait partie de la famille des ormes.

Son feuillage fournie une belle ombre printanière et estivale. Une qualité recherchée dans les villes du Midi.

Souvent associé aux édifices religieux, il serait l’arbre sacré du Languedoc oriental, l’arbre des Celtes du sud, ces Volques Arécomiques dont on se souvient qu’ils furent à l’origine de la fondation de la ville de Nîmes et qu’ils en firent leur capitale. L’étymologie de son nom occitan, fanabreguièr, confirme cette symbolique (du latin fanum, le lieu sacré, et du celte brogilus, le bois)[5].

Serait-ce pour cela que les nîmois y attachent tant d’importance ?

A l’avant-garde des villes méditerranéennes, Nîmes a très tôt fait la part belle au micocoulier dans ses alignements. Il fut même une époque où l’on venait voir les micocouliers nîmois comme une curiosité, tant leur nombre était considérable.

Il faut remonter quatre siècles en arrière pour retracer cette histoire.

Au XVIIe siècle, les villes s’ouvrent sur l’extérieur. Mails, cours et promenades se multiplient pour l’agrément des citadins. L’arbre d’alignement y prend alors une place d’importance.

A Nîmes, les programmes de plantation se succèdent tout au long du siècle à un rythme soutenu.

En 1637, au sud ouest de la cité, un jeu de mail est créé par le Sieur Giraudec, l’un des plus beaux de France par l’étendue et la beauté de ses deux grandes allées. Il offre aux nîmois un magnifique espace de verdure[6].

En 1643, les consuls créent la promenade de l’Esplanade et font planter 240 ormeaux dans le cœur de la ville. « L’an 1643, et à la fin du mois de février, a été fait dans le bastion de la Couronne au lieu et place des fumiers qui empoisonnaient les habitants, une allée d’ormeaux, plantés à la ligne et environnés de murailles avec trois sorties ; lesquels ormeaux vindrent du mas d’Argence, et furent donnés aux consuls environ deux cent quarante ormeaux, tous d’une même grosseur, (qu’ils) firent planter tant à ladite promenade de la Couronne, qu’à la fontaine, depuis le jardin de M. Barnier jusqu’au bassin d’icelle, d’un côté et de l’autre ; et depuis la porte de la Magdelaine jusqu’au récollets, et à la porte de leur couvent ; ensemble à la porte des précheur, Bocaire, qu’à Saint Antoine et aux Carmes. » [7].

En 1666, la promenade de l’Esplanade est réaménagée et embellie d’alignement d’arbres.

En 1688, le Grand Cours (actuel boulevard Gambetta) est créé sur le tracé du rempart nord de Nîmes, d’origine médiévale. On doit ces toutes premières allées à l’architecte Gabriel Dardailhon, en charge d’un projet de nouveaux remparts en raison de la construction de la citadelle.[8] « Sur cette nouvelle promenade le peuple jouera au ballon et paradera le dimanche ».

Au XVIIIe siècle l’arbre d’alignement affirme sa place. Après les cours et les promenades du siècle précédent, les boulevards voient le jour. Ils relient entre eux les lieux majeurs du centre ville. Comme partout en France, les plantations qui les bordent participent à dessiner et hiérarchiser la trame urbaine.[9]

A Nîmes, c’est le siècle du grand projet de Jacques Philippe Mareschal. Au delà du projet d’embellissement du site de la fontaine, c’est un plan d’extension de la ville, alors confinée à l’intérieur de ses remparts médiévaux qui lui a été commandé par la municipalité. Axe structurant de ce projet, le Cours Neuf, actuelle avenue Jean Jaurès, sera réalisé et allongé par tronçons successifs au cours des XIXe et XXe siècles. En résultera un extraordinaire quadruple alignement de micocouliers long d’un kilomètre et demi !

A partir de 1780, les boulevards Daudet, Victor Hugo, de l’Esplanade, et Amiral Courbet, sont aménagés sur l’emplacement des derniers remparts abattus. Ormes et micocouliers viennent en souligner les contours.

Au XIXe siècle, le micocoulier domine les alignements nîmois, souvent en compagnie de l’orme, arbre urbain « historique ». Pierre Casimir Marie de Pouzolz, en atteste dans sa Flore du département du Gard.[10]

La passion de tout un chacun pour les arbres et plantes ornementales est exacerbée tout au long de ce siècle. En témoigne la bataille que se sont livrés Augustin Antoine Cavalier, le maire de la ville et le Baron d’Haussez, préfet du département en 1821, tous deux fins botanistes, au sujet du choix des plantations du « rocher » de la fontaine. C’est à cette même époque qu’est fondée la Société d’Horticulture et de botanique du Gard.

A la toute fin du XIXe siècle, son secrétaire général, le botaniste Gustave Cabanès, également conservateur du Muséum d’Histoire Naturelle, est un des plus fervent supporteur du micocoulier. Il le considère comme l’arbre d’alignement par excellence et en vante partout les mérites.

« Le micocoulier de Provence (notre micocoulier indigène) (…) est l’arbre par excellence de notre pays. Il croit dans les terrains les plus secs, les plus arides. On ne saurait trop recommander sa plantation. Les abords de l’Esplanade près du Palais de Justice, le boulevard Gambetta, en possèdent des exemplaires de première grandeur et d’une réelle beauté. Quelques personnes objecterons peut être qu’il est d’un aspect un peu sévère, triste même : ce petit inconvénient, s’il existe, est compensé par de bien grands avantages : l’arbre est de taille élevée, de port régulier, très sain de bois ; ses feuilles paraissent de bonne heure, tombent tard et restent constamment vertes. C’est l’arbre par excellence des parties hautes et moyennes de nos boulevards, de tous les endroits où la profondeur et la fraîcheur font défaut. Il est appelé à prospérer là où tout autre ne pourrait se maintenir. Sa croissance est lente, la chose est certaine, mais avons-nous la prétention de planter surtout pour nous même, et ne devons nous pas considérer avant tout l’avenir de notre ville ?… »[11]

Par contre, le Micocoulier de Virginie, Celtis occidentalis L. également présent dans les alignements de la ville, ne le séduit guère, tout comme ses variétés genuina et microphylla que l’on trouve sur le boulevard Gambetta ou à l’Esplanade. Il a, dit-il, un aspect des plus rébarbatifs avec ses branches dirigées en tous sens et sans ordre.

Pendant ce temps, sur les avenues et boulevards nîmois, les jeunes gens consommaient les micocoules comme passe temps. Les plus jeunes s’en servaient pour « armer » leurs Esclafidous… « Il est évident que pour nous, (…) l’esclafidou était une arme d’enfant à laquelle nous jouions encore dans les années 60. Mais plus tard, terminus…Ce n’était pas une sarbacane, mais une espèce de pompe à vélo en sureau creusé et lorsqu’on emmanchait une branche dans ce cylindre préalablement garni de 2 petites boules provenant d’un micocoulier ( les bélicoques), sous l’effet de la compression, l’une des 2 partait, projetée par l’air ainsi comprimé dans un « pop » de bon aloi. L’arme avait une portée d’une quinzaine de mètres et, à bout portant, dans le lobe de l’oreille par exemple, ça ne faisait pas du bien !!! Arme saisonnière par excellence (il fallait attendre que le micocoulier veuille bien sortir ses fruits de la taille d’un petit pois), elle a été abandonnée rapidement, de sorte que la génération de mon petit frère (6 ans de moins que moi) ne l’a pas utilisé. »[12]

Tout au long du XXe siècle, et en ce début de XXIe, si l’orme a disparu du patrimoine arboré de la ville, décimé comme partout ailleurs par la graphiose, le micocoulier reste la principale essence des alignements nîmois.

Dans les années 1980, il est encore l’objet de l’attention des édiles de la ville. Lorsque l’architecte britannique, Norman Foster, se voit confié par Jean Bousquet la conception du « Carré d’art » en lieu et place de l’ancien théâtre dont ne subsistaient depuis 1952 que la colonnade néoclassique, le beau micocoulier qui ornait sa façade sera conservé. Norman Foster dessinera le bâtiment de façon à marier l’architecture de l’arbre à celle de son bâtiment, tout en respectant au mieux son système racinaire. Malgré ces précautions, 20 ans après l’inauguration de Carré d’art, le micocoulier a été abattu pour des raisons de sécurité.

En 2002 on en dénombrait 2246, soit 47% des arbres de la ville[13].

Résultent de toute cette histoire de magnifiques arbres qui bordent les boulevards de l’écusson. Ils méritent désormais d’acquérir le statut de patrimoine historique de la ville, voire d’arbres remarquables de France et d’être honorés comme tel.

Les micocouliers on l’aura compris ont maintes qualités. Leur seul « inconvénient » : Ils n’aiment pas du tout être sévèrement élagués…

 

The city of Nimes and hackberries

« Under the dim lights of the hackberries, the café terraces of boulevard Victor Hugo replay ad lib the same reassuring scene of an intact, familiar, good-natured city« . [1]

The massive silhouette of the Mediterranean Hackberry (Celtis australis) is now a familiar sight on the boulevards of Mediterranean cities. A large tree that is tolerant of poor and dry soils, it is gradually replacing the plane tree that has been decimated over the last few years by Canker Stain.

The Swedish botanist Karl von Linné is credited with having named itCeltis australis in 1753. A way of asserting its southern origin.

The inhabitants of Nîmes tend to call it the « Service Tree ». This name is totally incorrect, but they are known for beingréboussiers (stubborn/grouchy).

It’s known as thefanabreguièrin the Occitan language, as well as thebélicouquié.

Its grey, slightly flared trunk gives it the appearance of an elephant’s leg.

In some communes, it is cultivated for the qualities of its wood, which is supple and clear. For centuries, it has been used to make the famous forks of Sauve in the Gard region or the riding crops and whips of Sorède in the Pyrénées-Orientales. In 1744, the historian Léon Ménard [2] praised the services rendered by this hackberry, then namedLotus fructu’cerafi orCeltis fructu nigricante, which was so abundant in Nimes. The forks made of its wood are very useful because of their lightness. In 1842, in his « Statistics of the Department of Gard » Hector Rivoire still reported it as a useful type of wood.  In Sauve, a small town in the district of Vigan, hackberry seedlings are used to make beautifully-shaped three-pronged forks, which are used to toss the straw and hay in the air. [3]

Its fruit are small drupes with long petiolates. They have been consumed in the Mediterranean region since antiquity despite their somewhat bland taste and the difficulty of their harvest given the height of the producing branches. This use is perhaps even older. The proof of this is the discovery in the Aven dOrgnac, in the Ardeche, of a multitude of small balls of about half a centimetre in diameter, accumulated in the draperies of a collapsed concretion. A determination from the Laboratory of Plant Morphology and Paleobotany of Montpellier confirmed that these were « fossil seeds corresponding to mineralized endocarps of Celtis australis L. As the species is still current and native, this crop cannot, from the point of view of dating, be from anything other than a fairly recent age, probably from the Quaternary or perhaps the Pliocene period. [4]

The limb of its leaves, rough and slightly dissymmetrical, together with the paired implantation of its branches, reminds us that it forms part of the family of elms.

Its foliage provides wonderful shade during spring and summer. This is a highly-valued quality in the cities of the South.

Often associated with religious buildings, it was the sacred tree of eastern Languedoc, the tree of the Celts of the south, these « Arecomic Volques » that founded the city of Nîmes and made it their capital. The etymology of its Occitan name, fanabreguièr, confirms this symbolism (from Latin fanum, the sacred place, and the Celtic word brogilus, meaning wood) [5].

Could this be why the people of Nimes consider it so important?

At the forefront of Mediterranean cities, Nîmes has always dedicated plenty of public space to the hackberry. There was even a time when people came to see the hackberry trees of Nimes as a curiosity, so great was their number.

We have to go back four centuries to retrace this story.

In the seventeenth century, cities started to open outwards. Pall mall areas, courtyards and walks were created for the pleasure of city dwellers.  Lines of trees therefore took on great importance.

In Nîmes, tree planting programs followed one another throughout the century at a steady pace.

In 1637, southwest of the city, a pall mall area was created by Sieur Giraudec, one of the most beautiful in France due to the extent and beauty of its two large aisles. It affords Nimes a magnificent green space[6].

In 1643, the consuls created the promenade of the Esplanade and planted 240 elms in the heart of the city.  « In the year 1643 at the end of February, replacing the manure that was poisoning the inhabitants, an alley of elms was created in the bastion of the Crown, planted in a line and surrounded by walls with three exits;the elms came from the farm of Argence and in total about two hundred and forty elms were given to the consuls, all of the same size, which they planted both at the promenade of the Crown and next to the fountain, from Mr Barnier’s garden to the basin of Icelle, on both sides; and from the door of the Magdalena to the Recollets, as well as up to the door of their convent and next to the gate of the preacher, Bocaire, at St. Anthony and the Carmelites. [7].

In 1666, the Esplanade promenade was redeveloped and embellished with lines of trees.

In 1688, the Grand Cours (now the boulevard Gambetta) was created along the route of Nîmes’s northern rampart, which is of medieval origin. We owe these first boulevards to the architect Gabriel Dardailhon, who was in charge of a project for new ramparts due to the construction of the citadel.  [8] « On this new promenade the people will be able to play ball games and go for walks on Sunday. »

In the eighteenth century the idea of planting lines of trees was introduced. After the courts and promenades of the previous century, boulevards were born. They connect the main parts of the city centre. As everywhere in France, the plantations that border them participate in designing and prioritizing the urban fabric. [9]

In Nîmes, it was the century of the great project of Jacques Philippe Mareschal. Apart from the project of beautification of the site of the fountain, a plan for the extension of the city, which at time was confined inside its medieval ramparts, was entrusted to him by the municipality. The main axis of this project, the Cours Neuf, now known as Avenue Jean Jaurès, was created and lengthened in successive sections during the nineteenth and twentieth centuries. This resulted in an extraordinary quadruple line of hackberries stretching for a distance of one and a half kilometres!

From 1780 onwards, the boulevards Daudet, Victor Hugo, Esplanade, and Amiral Courbet have been located on the site of the last ramparts which were taken down. Elms and hackberries emphasize their contours.

In the nineteenth century, the hackberry dominated the lines of trees planted in Nîmes, often in the company of the elm, a « historic » urban tree. Pierre Casimir Marie Pouzolz so attests in his work entitled Flora of the department of Gard. [10]

People’s passion for trees and ornamental plants increased throughout this century. Evidence of this is the battle that August Antoine Cavalier, the mayor of the city and Baron d’Haussez, the prefect of the department in 1821, both great botanists, fought over the choice of the « rock » for the fountain. It was at this time that the Gard Horticulture and Botanical Society was founded.

At the very end of the 19th century, its general secretary, the botanist Gustave Cabanès, who was also curator of the Museum of Natural History, was one of the most fervent supporters of the hackberry. He saw it as the perfect tree to be planted in lines and proclaimed its merits everywhere.

« The hackberry from Provence (our native hackberry tree) (…) is the tree of our country par excellence. It grows in the driest, most arid lands. It can not be more highly recommended. The surroundings of the Esplanade near the Palais de Justice and the Boulevard Gambetta have some excellent examples that are incredibly beautiful. Some people may say that it is a bit harsh, even sad: this small inconvenience, if it exists, is offset by its great benefits: the tree is large, with a regular shape and it has very healthy wood; its leaves appear early, fall late and they remain constantly green. It is the tree par excellence of the high and middle parts of our boulevards, of all of the places where depth and coolness are lacking. It is destined to prosper where others can not stand.  Its growth is slow, that is true, but are we planting trees just for ourselves or should we consider first of all the future of our city? …” [11]

On the other hand, the common hackberry, Celtis occidentalis L., also present amongst the city’s lines of trees, did not seduce him, along with its varieties genuina and microphylla,which can be found on the Boulevard Gambetta or the Esplanade. They have, he says, a very forbidding aspect with their branches reaching out in all directions without any order.

Meanwhile, on the avenues and boulevards of Nîmes, young people consumed hackberries as a hobby. The youngest ones used it to « arm » their Esclafidous… “Itwas obvious to us (…) that the eslcafidou was a child’s weapon that we still played with in the 60’s. But later, there was the terminus… this was not a blowgun, but a kind of bicycle pump dug into an elderberry tree and when a branch was put into this cylinder that had previously been lined with 2 small balls from a hackberry (the belicots), one of them left projected by the compressed air with a nice « pop ». The weapon had a range of about fifteen meters and, at close range (if it hit you in the earlobe, for example), it hurt! Seasonal weapon par excellence (it was necessary to wait until the hackberry produced its pea-sized fruit), it was quickly abandoned and therefore my little brother’s generation (6 years younger than me) never used it.”[12]

Throughout the twentieth century and at the beginning of the 21st century, although the elm has disappeared from the wooded heritage of the city, decimated as it has been everywhere by Dutch elm disease, the hackberry tree has remained the main essence of the lines of trees in Nîmes. 

In the 1980s, it still gained the attention of city officials. When the British architect, Norman Foster, was entrusted the design of the « Carré d’art » by Jean Bousquet instead of the old theatre which since 1952 had been the only remaining neoclassical colonnade, the beautiful hackberry that adorned its façade was kept. Norman Foster designed the building in a way that matched the architecture of the tree to that of the building, whilst respecting its root system. Despite these precautions, 20 years after the inauguration of Carré d’art, the hackberry was felled for safety reasons.

In 2002 there were 2246, making up 47% of the trees in the city [13].

They are the result of all this history of beautiful trees that lined the city’s boulevards. They now deserve to be considered part of the city’s historical heritage or even remarkable trees of France and to be honoured as such.

Hackberry trees have many qualities. They only have one « disadvantage »: They do not like to be harshly pruned…

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Celtis australis

Celtis australis

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Celtis occidentalis

Celtis occidentalis

Celtis occidentalis

Celtis occidentalis

Nom : Celtis australis L.1753

Famille : Cannabacées (ex Ulmacées)

Hauteur : 30 m


Exposition : Ensoleillée


Sol : tolère les sols secs

Feuillage : Caduc


Feuilles ; rêches, légèrement asymétriques,

Floraison : Février-mars


Couleurs des fleurs : jaunâtre

Fruits : drupes noirâtres longuement pétiolées

Période de fructification : septembre – persistance des fruits jusqu’en hiver

 

[1] Maigne, J., Martin Raget, G., De garrigue en Costières, paysages de Nîmes Métropole. Actes sud, 2005

[2] Léon Ménard, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes avec les preuves. 1744-1758 

[3] Rivoire, H. , Statistique du département du Gard , 1842

[4] Bulletin CDS 07 N° 3 Année 1968

[5] Macagno, Y., Arbres remarquables du Gard, 2013

[6] http://www.nemausensis.com/Nimes/JeuDeMail.htm

[7] Ménard, L., Histoire de la ville de Nîmes, tome 5, preuves journal II page 2, colonne 1

[8] Potay, C., Une famille de maitres d’oeuvre nimois protestants : les Dardailhon, SHPF, n°45, 1994

[9] Mollie, C. Des arbres dans la ville, l’urbanisme végétal

[10] Pouzolz (de) P., dans sa Flore du département du Gard; ou, Description des plantes qui croissent naturellement dans ce département, 1862

[11] Cabanès , G., Catalogue des végétaux ligneux – Bull. Soc. Etude SC. Nat, 1898

[12] Michel Massol, « L’esclafidou et autres bélicoques » Ed. Lacour Nîmes

[13] Source : Ville de Nîmes

Il est 1 commentaire

  1. Gilles Rocques

    Merci pour ces informations.
    Je cherchais plus precisement l’age probable des plus gros exemplaires Nimois de Micocouliers.
    Avec mon petit fils qui connais deja bien les arbres a11ans je pensais a une plantation a l’epoque de la Revolution Francaise soit plus de 200 ans !!!

    Cordialement G Rocques


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